« Partis avec une green card, deux bébés et zéro plan B » | ReRoot
Retour d’expérience · Entretien nº 1

« Partis avec une green card, deux bébés et zéro plan B »

Famille, 2 enfants Paris → Los Angeles Green card (loterie DV)
Une famille française installée à Los Angeles après l’obtention de la green card

Premier témoignage de notre série « Retours d’expérience » : une famille française partie pour Los Angeles avec un bébé de trois mois et un de dix-huit mois, une green card gagnée à la loterie, et tout à reconstruire sur place.

Pour commencer, présentez-vous en quelques mots.

Nous sommes une famille française : un couple et deux enfants. Au moment du départ, ils avaient trois mois et dix-huit mois. Nous vivions à Paris ; aujourd’hui, nous vivons à Los Angeles.

Comment l’idée de partir aux États-Unis est-elle née ?

Honnêtement, c’est resté une envie un peu floue pendant longtemps — l’attrait du large, l’idée de tenter autre chose. Ça n’est devenu concret que le jour où on s’est inscrits à la loterie green card, presque pour voir.

Justement, vous êtes partis grâce à cette loterie. Racontez.

On s’est inscrits gratuitement, en quelques minutes, sur le site officiel, sans vraiment y croire. Ce tirage, c’est le seul vrai coup de chance de l’histoire. Tout le reste — absolument tout le reste — n’a été que du travail.

« Ce tirage, c’est le seul vrai coup de chance. Tout le reste n’a été que du travail. »

Et l’arrivée, concrètement ?

La première nuit, c’était un Airbnb, deux bébés et quelques valises. Pas de travail, pas de logement fixe, presque aucun contact sur place. C’était grisant et terrifiant en même temps.

Qu’est-ce qui a été le plus dur, les premières semaines ?

L’enchaînement des démarches quand on part de zéro. Pas de credit score, donc compliqué de louer ; pas encore de revenus stables. On avançait une case à la fois — mais chaque case en débloquait une autre, et c’est ce qui nous a tenus.

Comment avez-vous trouvé du travail sans réseau ?

Réseau à froid, candidatures en série, un CV repensé au format américain (le resume). Ça demande beaucoup d’énergie au début, et il faut accepter quelques semaines d’incertitude. Mais ça finit par venir.

Le logement sans historique de crédit, comment ça s’est passé ?

On a rassuré les propriétaires autrement : une caution plus élevée, des preuves d’épargne, beaucoup d’explications. On a commencé par un meublé temporaire, le temps de construire un dossier solide.

Et la vie de famille, avec deux tout-petits ?

Le vrai choc, c’est la daycare : le coût surprend toujours. Et l’école publique dépend du quartier — choisir où habiter, c’est un peu choisir l’avenir scolaire des enfants. On a appris ça sur le tas, on aurait aimé le savoir avant.

Qu’est-ce qui vous a le plus surpris, en bien et en moins bien ?

En bien : la facilité à recommencer, l’énergie ambiante, ce « oui, c’est possible » qui flotte partout. En moins bien : tout ce qui tourne autour du credit score et de l’assurance santé — il faut vraiment s’y préparer à l’avance.

Si vous deviez repartir, que feriez-vous différemment ?

Prévoir un matelas financier plus large pour les premiers mois, et ne pas sous-estimer le temps que prennent les démarches. À part ça… on le referait sans hésiter.

Un conseil pour ceux qui hésitent encore ?

Tentez la loterie : c’est gratuit, et on ne sait jamais. Et si vous partez : faites les choses dans le bon ordre, demandez de l’aide sans complexe, et acceptez que les premiers mois soient inconfortables. Ça passe.

Aujourd’hui, comment ça va ?

On vit bien. Les enfants grandissent ici, on a notre quotidien, nos repères, nos habitudes. Le chemin a été raide — mais on ne regrette rien.

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Témoignage personnel partagé avec ReRoot. Récit vécu, pas un conseil juridique, fiscal ni en immigration. Chaque parcours est différent.